La méthode
Le détail de la fabrication, pour ceux que ça intéresse. Onze agents nommés, une mémoire écrite, et une seule signature au bout.
Un métier par agent
Je ne travaille pas avec un assistant généraliste. J’ai découpé le studio en métiers et j’affecte chaque agent à un seul. Savoir tout faire, c’est tout faire moyennement.
- Marlo, chef de studio : la coordination, les arbitrages, les décisions numérotées.
- Nina, stratégie et direction artistique : l’analyse du besoin, l’angle, le brief créatif.
- Victor, directeur artistique : la charte maison, dont il est seul responsable, et les maquettes spécifiées.
- Hugo, copywriting : les contenus rédactionnels livrés au client.
- Inès, maquette print : catalogues, brochures, papeterie, packaging textile.
- Enzo, mapping textile : motifs raccordables et mises en situation de linge de maison.
- Léo, réalisation vidéo : les spots courts au format vertical.
- Jade, community management : la présence du studio sur les réseaux.
- Sacha, développement commercial : offres, chiffrage, argumentaires.
- Clara, prospection : trouver et qualifier.
- Manon, assistante de direction : la boîte mail et l’organisation de la journée.
Ce que chacun ne fait pas
L’aiguillage compte autant que les compétences. Deux agents ne travaillent jamais sur le même fichier au même moment, et personne ne déborde sur le métier du voisin : les textes livrés au client passent par Hugo, les accroches et les briefs par Nina, les emails commerciaux par Sacha.
Quand j’envoie une demande au mauvais métier, elle m’est renvoyée plutôt que traitée de travers. C’est moins confortable qu’un assistant qui dit toujours oui, et nettement plus utile.
Une mémoire écrite, pas une mémoire de conversation
Je ne compte pas sur ce qu’une conversation retient. Chaque projet porte deux fichiers texte à la racine de son dossier.
Le premier tient les décisions, numérotées, prises avec moi et jamais effacées : une décision devenue fausse passe en annulée, avec le renvoi vers celle qui la remplace. Le second tient l’avancement, où chacun écrit avant de rendre la main ce qu’il a fait, ce qui a été décidé, ce qui bloque et quelle est la prochaine étape.
Personne ne reprend un dossier sans avoir lu ces deux fichiers. C’est ce qui fait qu’un projet repris trois semaines plus tard ne repart pas de zéro, et que je peux répondre au téléphone sans rouvrir les fichiers de production.
Qui décide quoi ?
Je décide seul de ce qui sort. Entre le brief et cette décision, quelques règles ne se discutent pas.
Un libellé dicté par un client se reprend au mot près, même s’il porte une faute : la correction se signale à part, et je tranche. Une correction appliquée en silence est une faute plus grave que la faute qu’elle répare.
Rien ne part chez un client sans que je l’aie ouvert, ni un mail, ni un devis, ni une publication. Un mail se prépare en brouillon dans ma messagerie, prêt à partir, et c’est moi qui appuie.
La validation, en trois passages
La direction artistique d’abord, que je lis et que j’arrête. Un échantillon ensuite, un seul, que je valide avant que la série existe. La série enfin. Valider un exemplaire avant de lancer les quarante suivants a évité plus d’une reprise complète.
Chaque livrable passe un contrôle automatique avant d’arriver sur mon écran : ponctuation, ombres portées qui rastérisent mal, polices non éditables, texte tombé sous la coupe d’une page à hauteur fixe. Une erreur attrapée par un script n’use pas mon œil, qui sert à autre chose.
Ce que je n’écris pas ici
Aucun nom de modèle, aucune version, aucune capture d’écran d’outil. Ça se périme en six mois et ça déplace la conversation sur la technique, alors que le sujet est le livrable.
Ce qui compte tient en deux phrases : ce sont des agents IA spécialisés, et je décide de ce qui sort.